20.12.2007
Question de tempérament
Salam,
On était faits l’un pour l’autre : elle aurait voulu mourir en sijdah (en prosternation) à Macca devant la Kaaba, moi (pour enchérir), comme le sheikh Yassine et ceux qui l’entouraient, pulvérisé par un missile tiré d’un Apache (vous savez, ces hélicos dont se servent si habilement les israéliens). Enfin, c’est ce que je disais. Car en étais-je capable ? Et d’ailleurs, qui en est capable ? Il faudrait demander aux israéliens si la perspective de mourir de la façon dont ils font mourir leurs ennemis leur irait. Car bien peu d’entre eux, sinon aucun, en seraient capables. Alors pourquoi ? Pourquoi toute cette souffrance infligée à autrui alors même qu’on est incapable de supporter la plus petite piqûre de moustique ?
Finalement, elle et moi, ça n’a pas marché. Question de tempérament, peut-être. Ou bien d’autre chose. Quoi ?…
Nazir
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23.11.2007
Exils
L’histoire de l’homme est celle de séparations successives : exil forcé du paradis d’abord, pour nos père et mère à tous, Adam et Eve. Exil des flancs du père ensuite, sous forme d’une goutte de sperme. Accueilli au sein du ventre maternel puis exilé, neuf mois plus tard, de ce même ventre. La rupture du cordon ombilical marquant la scission définitive d’avec la mère. Le sevrage, qui est un exil du sein maternel.
L’école, un exil (temporaire mais exil tout de même) de la maison faisant toujours partie de cet apprentissage de la séparation. L’armée, exil du foyer, pour rejoindre ses compagnons d’armes. En cas de guerre à mener en terre étrangère, exil de la nation. Le voyage est un exil puis enfin la mort, l’exil suprême lorsqu’on finit par abandonner ce corps-là même, qui a servi d’enveloppe charnelle à notre âme qui, seule, survivra au passage dans ce monde où tout, du début à la fin, n’aura été qu’exils suivis d’exils.
Question : pourquoi s’attache-t-on, dès lors, à ce monde qui n’a fait que nous préparer, du début à la fin, à la séparation ultime, à la mort ? Parce que nous croyons devoir vivre éternellement (même si tout au fond de lui chacun sait qu’il n’y échappera pas). Or, nous devrions, d’après nos enseignements, vivre pour l’Au-Delà comme si nous devions mourir demain : c’est-à-dire préparer activement, comme pour un voyage très proche, notre passage dans l’autre monde. Tandis que nous devrions œuvrer pour ce monde-ci comme si nous devions vivre éternellement : c’est-à-dire avec une certaine insouciance. Se soucier de l’avenir, certes, mais tout en sachant que demain ne nous appartient pas.
Penser souvent à la mort et ne pas s’attacher à ce monde, que l’on sait devoir quitter : deux enseignements au cœur de notre religion, l’islam, qui, loin d’être une religion morbide, nous apprend au contraire que la vraie vie, celle pour laquelle nous devons œuvrer sans cesse, n’est pas celle, éphémère, que nous croyons mener. La vraie vie, la vie éternelle, est celle qui nous attend après la mort et nous devons, jour après jour, nous préparer pour elle.
Nazir HOUSSEN
18:46 Publié dans Innaka mayyitoun wa innahum mayyitûn | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.09.2006
Riyâd min riyâd al jannat
Salam,
voici maintenant huit jours que le père de Maqbool, Abdoul Rahman et Muhammad nous a quittés. Nous ne verrons plus sa figure familière aller et venir de son magasin vers sa maison, de chez lui vers la masjid, de la masjid vers chez lui. Lui comme cet autre saint-louisien d'adoption rappelé vers Allah au début de cette semaine et à qui ses compatriotes sont venus rendre un dernier hommage en la mosquée de Saint-Louis, pleine de tristesse pour ce namâzi qui nous quittait. Petit à petit, comme pour tous ceux qui sont passés et sont repartis, comme pour nous qui ne faisons que passer et repartons, les pleurs cesseront, les larmes sècheront. Allâhoummaghfir lahumâ, warhamhumâ wa sakkinhumâ fil jannat. Ameen yâ Rabb al 'âlameen.
Nazir
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