30.01.2008

Parabole

Salam,
vu sur Oyoun Jedd (télévision de Jeddah en Arabie Saoudite, pour ceux qui ont la parabole adéquate) : un "clip" à message religieux - je l'appelle comme ça - où l'on voit des jeunes filles voilées, ambiance modernante, dans l'air du temps, en train de discuter. Elles piochent dans ce qui semble être des assortiments, et se transforment au fur et à mesure de la discussion en démons (ongles qui grandissent, dents de vampires...). On commence à comprendre quand on voit une des filles essuyer du rouge sous sa lèvre. Des morceaux de viande sanguinolents constituaient en fait leur repas. La séquence se termine par les versets proscrivant la médisance : "Que les uns ne médisent (?) pas des autres. L'un d'entre vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? Vous le détesteriez."
Salam
Nazir

28.12.2007

Rêve éveillé

Salam,
sombrer dans la mélancolie. Se laisser aller. Laisser son esprit s'enfoncer dans le bourbier sans fond de l'ennui. Ressasser encore et encore les mêmes pénibles expériences d'une vie sans relief. Quand la monotonie s'installe, dur dur de la faire s'en aller car elle fait partie de ces intruses qui ne savent pas partir. Se languir. Regarder la marche du monde et s'en soucier comme de sa dernière chemise. S'abreuver d'images (violentes, crues, paisibles, neutres). Crier sa rage silencieusement. Contre les mensonges institutionnalisés. La gangrène du corps social. La gangrène du corps tout court. La colonisation des esprits par la pensée unique qui croit qu'en multipliant les voix qui disent la même chose elle passera mieux auprès des derniers qui résistent. S'emporter contre les siens. Contre les autres. Contre soi-même. Contre le diable et contre Dieu lui-même. Rester là, planté à attendre que le miracle arrive, sans se faire d'illusion sur sa survenue. Etre bien. Etre bien mal en point. Etre une loque. Croire que l'espoir n'est pas mort. Etre. Encore et encore et encore. Jusqu'à la mort. Jusqu'à ce que la mort nous sépare de ce monde auquel nous n'appartenons pas. Oublier. Dormir puis se réveiller. En ce monde. Encore et encore.
Salam
Nazir

26.12.2007

Les larmes des hommes

Salam,
les hommes pleurent. Cette évidence est trop souvent oubliée. Niée. Or, les hommes pleurent. Non pas par sensiblerie, parce que ce seraient des "chochottes" ou que sais-je encore. Non. Les hommes pleurent quand ils font face à certaines réalités contre lesquelles ils se savent impuissants : la mort d'enfants en fait partie, même si la mort touche vieux et jeunes indistinctement.
Une petite fille, que dis-je, un bébé de 19 mois est mort ce lundi à côté de chez nous. Sans doute son heure était-elle arrivée. Sans doute. Mais au moment d'écrire ces lignes, ce que je retiens, c'est la tristesse que j'ai lue sur le visage de son père qui m'a frappé. Une tristesse d'homme. Celle d'un père qui a perdu son enfant. Tout... simplement.
Salam
Nazir