26.07.2009
Murmures de l'océan
Nous avons besoin d’esprits prêts à accueillir la beauté de la Création. D’esprits capables de ressentir dans ce qui les entoure une présence. Des gens capables de sentir, à chacun des mouvements de l’océan, une force qui l’anime. De sentir, quand la mer est calme, qu’une force l’apaise. Pas de gens qui se contentent de : « Tiens, la mer est agitée » ou « La mer est calme, hein ? »
Non pas que ces phrases soient creuses. En les disant, on peut aussi bien ressentir, même peut-être mieux, qui sait. Mais ces phrases ne disent pas tout. Elles restent à la surface. Alors que si l’on voulait bien prendre la peine d’entrer dans l’océan, d’y plonger, on retirerait d’autres perles. D’autres commentaires. L’œil ne verrait plus la même chose. L’œil ne verrait plus de la même façon.
Alors oui, « la mer est agitée, la mer est calme » et vous avez raison, parfaitement raison. Mais oubliez un peu la raison de temps en temps. Déraisonnez. Et laissez-vous emporter par la vague.
Dites de la mer qu’elle est belle. Immensément belle. Ca lui fera plaisir. Dites qu’elle est déchaînée. Ca ne la calmera pas. Dites-lui que vous l’aimez. Dites-lui des mots d’amour, elle rougira quand le soleil viendra mourir en elle. Dites-lui qu’elle est vaste. Qu’elle est intimidante. Qu’elle est profonde. Qu’elle est capricieuse. Car la mer est vivante. Elle est. Agitée ou calme, elle est. Comme l’oiseau qui plane au-dessus d’elle, comme toutes les créatures qui la peuplent, la mer vit. Elle a ses respirations. Ses fureurs. Et elle murmure le nom du Créateur.
Nazir Houssein
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25.02.2009
Le bilan de nos erreurs
Il faudra bien qu’on fasse un jour le bilan de nos erreurs, de nos errements, de nos reculades et de nos lâchetés. Il faudra bien un jour admettre que nous avons, par notre inconscience, notre légèreté et notre inconsistance, causé du tort, même sans l’avoir voulu, même sans l’avoir cherché. Que dirai-je à tous ceux qui, ici dans cette île où je vis, qui me donne tant et à qui je rends si peu, que dirai-je à ces gens qui me voyaient chaque jour et qui croyaient que j’agissais en bien, pour le bien commun, pour le bien-être de tous ? Que j’aurai été en-dessous de tout. Que j’aurai failli à ma «mission», que je n’aurai fait qu’user et abuser des bienfaits de cette île sans me soucier une seconde de ce qui arrivait à ses habitants, mes voisins.
Que j’ai laissé cette jeune fille se suicider sans avoir rien pu faire. Et ces deux autres, qui se sont jetés du haut de ce pont. Et ces autres encore. Où étais-je, quand ils espéraient une oreille attentive, un cœur compatissant ? Où étais-je ? Quand cette jeune fille se faisait violer, où étais-je ? Quand cet homme se faisait massacrer au sabre à cannes, où étais-je ? Quand ce nourrisson se faisait violer, où étais-je ? Quand cette femme se faisait tabasser, vers où se tournait mon regard ? Quand ce gendarme a tiré sur ce cafre désarmé dans sa voiture, où étais-je ? Quand ce manifestant perdait son œil après le tir d’un autre gendarme, que faisais-je, ce jour-là ? Je me tournais les pouces en maudissant la destinée. Je me disais que le monde va mal et que ça n’avait pas commencé avec moi et que ça ne finirait pas parce que je serais là. J’étais comme tous ces gens qui passent devant les cadavres trop nombreux en louant le ciel de ne pas en faire partie, d’être, pour encore un jour, sur terre. Un jour de plus. Toujours ça de pris. Toujours ça de gagné. Et puis, pour se donner bonne conscience : « comment arrêterais-je seul le mal ? » Alors que tu pouvais le faire ! Et si tu n’y pouvais rien, as-tu au moins tenté quelque chose ? Non. Rien ! Tu n‘as même pas cherché des alliés pour t’épauler, des gens avec qui tu aurais pu faire quelque chose. Alors ne t’en prends qu’à toi-même. Tu n’es peut-être pas seul responsable, mais tu l’es en partie. Parce que tu n’as pas bougé le petit doigt. « Qu’y pouvais-je ? Je n’avais aucun pouvoir ! Je n’étais ni policier ni superman ni rien de tout ça ! » Et alors ? Crois-tu que le policier ait plus de pouvoir que toi ? Faire le bien est à la portée de chacun. Chacun peut faire le bien. Pas besoin d’être investi d’une quelconque autorité pour ça ! Dis plutôt que l’inaction te plaisait bien. Mieux : tu t’y complaisais !
« Mon » île. Tu ne m’appartiens pas, ô île. Tu appartiens à ceux qui t’aiment. Tu es l’île de ceux qui aiment ses habitants. Qui aiment sa nature. Ses animaux. Qui la protègent au péril de leur vie. Tu es l’île de ceux qui te connaissent, qui t’aiment et t’embellissent, jour après jour. Non pas celle des indifférents, des jaloux, de ceux qui font couler ton sang. Tu es l’île de ceux qui fleurissent leur jardin, pas celle de ceux qui flétrissent ses fleurs. Tu es l’île de ceux qui abritent chez eux le voyageur, l’étranger qui fuit une trop dure réalité, pas celle de ceux qui à la douane n’ont que mépris pour nos voisins. Tu es l’île de ceux à qui la mer dispense ses trésors infinis et qui savent comment les recueillir. Pas celle de ceux qui la pillent en rapaces affamés. Tu es l’île de ceux qui savent guérir les blessures, même les plus profondes. Pas celle de ceux qui ajoutent les blessures aux blessures.
Non. Tu n’es pas «mon» île. Il faut te mériter pour ça. Il faut avoir pansé tes plaies. Il faut avoir été aimé par toi. Il faut avoir reçu de toi et de tes habitants, l’agrément. Une vie d’homme ne suffit pas. Plusieurs vies n’y suffiraient pas. Tu es notre île. L’île de ceux qui t’aiment et de ceux que tu aimes. Une île, parmi tant d’autres. Une vie, parmi tant d’autres.
Nazir HOUSSEN
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01.12.2008
La vie de canard boudou
Salam,
vous ne devinerez jamais comment m'est venue l'idée de ce titre ? Mais avant, laissez-moi vous narrer la vie inénarrable (et que je vais pourtant vous narrer) de canard boudou, le bien nommé.
Né dans une ferme, d'une famille pauvre de pauvres canards, canard boudou ne se sentait pas à l'aise en société. Même seul avec lui-même, canard boudou sentait qu'il était de trop. Hein ? Comment ça ? Enfin bref... Voilà quoi.
Canard boudou avait eu une vie pas facile, faut dire : orphelin à 5 ans, marié à 18, canard boudou n'avait de plus pas été gâté par la vie. "Un vrai petit laideron", c'est ainsi que Mlle Vampirella son institutrice avait coutume de le nommer.
Parti de rien, arrivé à tout (et quand je dis tout, c'est tout : président des Etats-Unis du monde, imaginez-vous donc ! Non ? Bin tant pis alors), canard boudou n'aimait pas qu'on se mette en travers de son chemin. Sa femme, qui avait eu l'audace une fois de le disputer à popos d'une banale histoire de café froid, aurait d'aillleurs pu vous le raconter, si la malheureuse avait survécu à l'ire de son mari. Un assassin président du Monde des Etats-Unis (pardon : des Etats-Unis de le monde), est-ce possible ? Oui, why not ? If we want, we can ! Everything is possible ! All is possible !
La suite dans un prochain post, si vous le voulez bien.
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