28.12.2007

Rêve éveillé

Salam,
sombrer dans la mélancolie. Se laisser aller. Laisser son esprit s'enfoncer dans le bourbier sans fond de l'ennui. Ressasser encore et encore les mêmes pénibles expériences d'une vie sans relief. Quand la monotonie s'installe, dur dur de la faire s'en aller car elle fait partie de ces intruses qui ne savent pas partir. Se languir. Regarder la marche du monde et s'en soucier comme de sa dernière chemise. S'abreuver d'images (violentes, crues, paisibles, neutres). Crier sa rage silencieusement. Contre les mensonges institutionnalisés. La gangrène du corps social. La gangrène du corps tout court. La colonisation des esprits par la pensée unique qui croit qu'en multipliant les voix qui disent la même chose elle passera mieux auprès des derniers qui résistent. S'emporter contre les siens. Contre les autres. Contre soi-même. Contre le diable et contre Dieu lui-même. Rester là, planté à attendre que le miracle arrive, sans se faire d'illusion sur sa survenue. Etre bien. Etre bien mal en point. Etre une loque. Croire que l'espoir n'est pas mort. Etre. Encore et encore et encore. Jusqu'à la mort. Jusqu'à ce que la mort nous sépare de ce monde auquel nous n'appartenons pas. Oublier. Dormir puis se réveiller. En ce monde. Encore et encore.
Salam
Nazir

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