04.11.2009

Partir, c'est mourir un peu

Salam,

En France ! En France. En France... En France, oui, et alors quoi ? En France et alors rien. Il ne se passe pas plus de choses ici que là-bas. 

Là-bas, on expulse (des comoriens), ici des afghans. Là-bas le chômage atteint des records, ici aussi. Là-bas la misère grandit, ici elle est multipliée par dix, cent, mille.

Là-bas les coeurs s'endurcissent, ici ils sont durs comme roche.

Mais ici, comme là-bas, il y a des coeurs tendres. Ici comme là-bas il y a "des rebelles dont le "non" est résistance, dont la conscience est amour" (Tariq Ramadan), qui luttent. Qui ne baissent pas les bras. Ne ferment pas les yeux. N'abdiquent pas devant les injustes. Ceux-là font l'honneur d'une nation. La raison pour laquelle nous continuons à vivre et espérer. A vivre et à nous battre.

Salam

           Nazir  

22.08.2009

Amour-haine

J’ai toujours eu horreur des gens qui vous coupaient au beau milieu d’une phrase, pas vous ?

J’ai toujours eu horreur des prétentieux, pas vous ?

J’ai toujours eu horreur des faux-modestes, pas vous ?

J’ai toujours détesté ce genre de personnes qui croient tout savoir alors qu’en fait, elles n’en savent pas plus que les autres.

J’ai toujours eu horreur des abrutis, c’est évident. Et les abrutis me détestent. Et c’est réciproque.

J’ai toujours eu horreur des gens qui vous tournent autour et dont on dirait qu’ils n’ont que ça à faire. A croire que vous êtes le centre du monde et qu’en dehors de vous, tout est vain (ce qui, par certains côtés, est gratifiant pour vous, même si vous n’avez rien demandé).

J’ai toujours eu horreur des gens qui viennent lire dans votre dos ce que vous êtes en train d’écrire (comme conneries, d’après eux) et qui n’ont, en revanche, eux, jamais l’ombre d’une idée.

J’ai toujours eu horreur des brutes, des psychopathes, de ceux qui balancent des missiles sur les civils, hommes, femmes, enfants. J’ai toujours préféré le combat rapproché et viril, le corps à corps. J’ai toujours détesté ceux qui luttent à armes inégales.

J’ai toujours détesté ceux qui trouvent toutes sortes de prétextes à leur silence et à leur inaction.

J’ai toujours détesté ceux qui ont de grands principes à la bouche mais qui dans leur quotidien rechignent à accueillir celui qui ne leur ressemble pas tout à fait, ou qui le font mais à contre-cœur.

J’ai toujours détesté les flatteurs de rois, de princes et de riches.

J’ai toujours détesté ceux qui s’interdisent de penser et de réfléchir. J’ai toujours détesté ceux qui ne s’affranchissaient pas des limites.

Bref, je déteste plein de gens. Et pas mal de gens me détestent. Mais qu’est-ce que ça peut me faire ? Il n’y a que ceux que j’aime, et qui le savent ou ne le savent d’ailleurs pas, qui m’aiment. Et il n’y a que ceux qui m’aiment, et dont je sais qu’ils m’aiment ou dont j’ignore tout de leur amour d’ailleurs, que j’aime. Tous les autres, ils peuvent bien mourir aujourd’hui ou demain, qu’est-ce que cela peut me faire ?

                                                                                                                                                                                 Nazir Houssein

26.07.2009

Murmures de l'océan

Nous avons besoin d’esprits prêts à accueillir la beauté de la Création. D’esprits capables de ressentir dans ce qui les entoure une présence. Des gens capables de sentir, à chacun des mouvements de l’océan, une force qui l’anime. De sentir, quand la mer est calme, qu’une force l’apaise. Pas de gens qui se contentent de : « Tiens, la mer est agitée » ou « La mer est calme, hein ? »

Non pas que ces phrases soient creuses. En les disant, on peut aussi bien ressentir, même peut-être mieux, qui sait. Mais ces phrases ne disent pas tout. Elles restent à la surface. Alors que si l’on voulait bien prendre la peine d’entrer dans l’océan, d’y plonger, on retirerait d’autres perles. D’autres commentaires. L’œil ne verrait plus la même chose. L’œil ne verrait plus de la même façon.

Alors oui, « la mer est agitée, la mer est calme » et vous avez raison, parfaitement raison. Mais oubliez un peu la raison de temps en temps. Déraisonnez. Et laissez-vous emporter par la vague.

Dites de la mer qu’elle est belle. Immensément belle. Ca lui fera plaisir. Dites qu’elle est déchaînée. Ca ne la calmera pas. Dites-lui que vous l’aimez. Dites-lui des mots d’amour, elle rougira quand le soleil viendra mourir en elle. Dites-lui qu’elle est vaste. Qu’elle est intimidante. Qu’elle est profonde. Qu’elle est capricieuse. Car la mer est vivante. Elle est. Agitée ou calme, elle est. Comme l’oiseau qui plane au-dessus d’elle, comme toutes les créatures qui la peuplent, la mer vit. Elle a ses respirations. Ses fureurs. Et elle murmure le nom du Créateur.

                                                                                                                                                                                        Nazir Houssein